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Légendes du Jazz

Charlie Parker, l’Oiseau de feu du jazz

Charlie Parker

Charlie Parker est un saxophoniste de génie à la trajectoire fulgurante, mais hélas bien trop courte, dans l’univers du jazz. Celui que l’on surnomme Yardbird ou Bird laisse en héritage des morceaux d’anthologie qui influenceront des générations d’artistes.

A 14 ans, il intègre l’orchestre de Count Basie

Charlie Parker Jr naît le 29 août 1920 à Kansas City, aux Etats-Unis. Comme beaucoup de jeunes à cette époque, Charlie Parker Jr est bercé par le jazz dès ses premières heures. Il faut dire que Kansas City est connue comme étant la ville qui ne dort jamais alors que l’Amérique est à l’heure de la prohibition et souvent d’un couvre-feu. Il faut également rappeler que Kansas City, c’est surtout la ville de l’orchestre de Count Basie.

Entre l’école de la rue et une admiration pour les grands du jazz de l’époque, Charlie Parker démontre rapidement ses dons remarquables pour la musique. A l’âge de 14 ans, il débute sa carrière professionnelle de saxophoniste en intégrant précisément l’orchestre de Count Basie.

Cette expérience lui permet surtout d’ouvrir les yeux quant à ses limites. Conscient que seul le travail lui permettra de combler ses lacunes, le jeune saxophoniste s’entoure de Buster Smith et s’entraîne dur à jouer à la perfection les grands standards du jazz du moment.
Cette persévérance finit par payer puisque trois ans plus tard, en 1937, Charlie Parker intègre le groupe du pianiste Jay McShann. L’orchestre débute une tournée de deux années qui se termine à New York où Charlie Parker pose ses valises.

Pendant trois ans, jusqu’en 1942, il multiplie les participations dans différents bands et commence à enregistrer ses premiers 78 tours. La même année, il joue pendant huit mois au sein de la formation d’Earl Hines.

L’émergence du bebop

En 1943, Charlie Parker est à son apogée. Son jeu musical est unique. Il fait alors des rencontres clefs : le guitariste Charlie Christian, le pianiste Thelonious Monk, le trompettiste Dizzy Gillespie, et les batteurs Max Roach et Kenny Clarke.

Lors de jam sessions dans les clubs de Harlem et de la 52ème rue de New York, ces monstres du jazz posent les bases de ce qui allait devenir le bebop. Ce style musical se caractérise par la place centrale de l’improvisation et une grande richesse harmonique. Thelonious Monk admettra plus tard que l’objectif était alors d’imaginer un nouveau style de jazz que les Artie Shaw, Glenn Miller et autres jazzmen blancs (Artie) ne puissent s’approprier, comme cela fut le cas pour le swing.

Le bebop serait donc né en 1944. Toutefois, on ne trouve aucune trace avant 1945 en raison d’une grève qui aurait perturbée les sessions d’enregistrement. Le premier disque connu de bebop serait donc celui du concert donné par Charlie Parker et sa bande à l’hôtel de ville de New York en juin 1945. Il est rapidement suivi d’un second en novembre de la même année (Greatest Jazz session ever – Savoy).

Le succès est au rendez-vous et le tout New-York se bouscule pour découvrir ce nouveau style musical. Rapidement, la formation part écumer les scènes américaines, rencontrant le même succès à chaque fois.

Dans les années qui suivent, il croise la route de nombreux artistes de talent comme Max Roach ou encore Miles Davis.

La déchéance physique

Si Charlie Parker est un artiste accompli, un saxophoniste reconnu dans le monde du jazz, sa vie personnelle est moins rose.
En effet, depuis qu’il est adolescent, le musicien est dépendant des drogues, notamment de l’héroïne. A partir de 1946, alors que tout lui sourit, vient s’ajouter une autre addiction, cette fois à l’alcool.

Sur scène ou en studio, son jeu perd un peu de sa superbe. Il fait même un séjour dans une institution psychiatrique pendant quelques mois. Il en sort, mais sa santé décline immanquablement. Il est d’ailleurs de nouveau hospitalisé en 1954 après avoir tenté de mettre fin à ses jours à deux reprises.

En 1955, il monte une dernière fois sur scène avant de s’éteindre à seulement 34 ans.