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Histoire et courants

Nu jazz : quand le jazz s’approprie les sons électros

The Man Plays The Drums, On The Background Of Colored Lights

Le NU jazz est une forme de musique qui va plus loin dans l’utilisation des instruments électroniques que ne le fait l’acid jazz. Un courant qui se développe dans les années 1990 mais qui trouve ses origines aux Etats-Unis dès la fin des sixties.

Qu’est-ce que le nu jazz ?

Sorte de jazz mutant, le nu jazz est essentiellement modal, c’est-à-dire que la mélodie repose sur un nombre limité de mesures et d’accords. De fait, cela offre davantage de place à l’improvisation, un point très important pour Miles Davis.

Si ce dernier est à l’origine de ce courant, il ne s’est toutefois développé que durant les années 1990. C’est d’ailleurs à cette époque que le terme de New Urban jazz (NU jazz) fait son apparition. Sorte de fusion entre différents styles, le New Urban a des frontières musicales floues.

Toutefois, les sons et les instruments électroniques y sont omniprésents, qu’il s’agisse de clavier ou de piano par exemple. Deux marques riment avec nu jazz dans les années 90, Fender Rhodes et Wurlitzer.

Miles Davis à l’origine du nu jazz

Le terme de nu jazz est l’abréviation de New Urban Jazz. Si cette désignation apparaît durant la dernière décennie du XXe siècle, cette mutation musicale n’est pas nouvelle en soit.

“Kind of Blue”, la naissance du jazz modal

En effet, celle que l’on appelle également jazz électronique puise ses racines dès les sixties outre Atlantique. Les instruments de musique électronique inspirent quelques grands comme Miles Davis. Son album “Kind of Blue” sorti le 17 août 1959 s’inspire du principe de la “modalité”, c’est-à-dire l’utilisation de quelques notes et mesures seulement. Cette approche nouvelle est voulue par Miles Davis qui veut s’éloigner des grilles harmoniques du be-bop et du hard bop qu’il juge trop contraignante.

Cet album a influencé de très nombreux artistes et est aujourd’hui considéré comme le plus grand disque de jazz jamais réalisé. “Kind of Blue” est surtout à l’origine du jazz modal.

L’apparition de l’électronique

Toujours à la recherche de nouveauté, Miles Davis veut muscler et électriser ses mélodies. En 1969 sort “In a Silent Way”, le premier album de jazz électrique de Miles Davis en utilisant un instrument venu du rock, le piano électrique.

Un an plus tard, Miles Davis va plus loin avec l’album “Bitches Brew” et met les deux pieds dans l’électrique, le psychédélique et le funky.

Groupes et artistes du nu jazz

Il est toujours difficile de faire une sélection d’artistes ou de groupes représentatifs tant c’est subjectif. Toutefois, en voici quelques-uns à écouter pour apprécier ce style musical:

  • Nils Petter Molvaer : son premier album Khmer pari en 1998 figure parmi les productions emblématique du courant musical fusionnant jazz et musique électronique ;
  • Bugge Wesseltoft : musicien et compositeur norvégien, Bugge Wesseltoft a été récompensé à maintes reprises, notamment pour ses albums “Duplex Ride” (1998) et “Out Here (2002) ;
  • Julien Lourau : le saxophoniste français se dit “chercheur de jazz” et ouvert aux évolutions des musiques populaires ;
  • The Cinematic Orchestra : emmené par Jason Swinscoe, le collectif anglais est l’un des incontournables du jazz expérimental ;
    Jazzanova : regroupant plusieurs disc jockeys allemands, le groupe figure parmi les plus actifs du nu-jazz.